Le Caire, compte-rendu.

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Compte-rendu du voyage au Caire et à Alexandrie du 27 mars au 4 avril 2008

Point de vue culturel

Première visite, à tout seigneur tout honneur, aux pharaons de l’Ancien Empire. A Gizeh, les trois grandes  pyramides de Kheops, de Khephren et de Mykérinos  sont  toujours aussi impressionnantes dans leur harmonieuse simplicité. L’imposante barque solaire, admirablement conservée et restaurée n’aurait navigué qu’une fois. Elle permettait au roi d’accompagner éternellement le soleil dans sa double course quotidienne. 

Non loin de là, Khephren, sous la forme d’un gigantesque lion couché à tête humaine ( le Sphinx)  veille sur sa nécropole et particulièrement sur son temple construit au moyen d’ énormes  blocs de granit rose d’Assouan.

Après avoir errer quelques temps à la recherche de notre car puis déjeuner dans une très beau jardin, c’est le retour au Caire pour la visite du  célèbre Musée Egyptien, fondé par l’égyptologue français Auguste Mariette en 1858.

Notre guide, ancien professeur d’histoire, a sélectionné pour nous quelques œuvres majeures. De l’ancien empire, nous retiendrons surtout l’austère et très belle statue en diorite de Khephren protégé et présenté par le dieu Horus sous la forme d’un faucon. De la merveilleuse mais éphémère époque d’El Amarna  nous nous intéresserons particulièrement  à  ce  jeune roi visionnaire Aménophis IV devenu  Akhénaton qui avec son épouse Néfertiti adore le disque solaire  et s’achemine ainsi vers un concept monothéiste. Nous terminons par les trésors de la tombe de Toutankhamon qui rétablit le culte d’Amon et récusa les formes amarniennes.  Vases canopes, lits de parade, bagues, colliers, bracelets somptueux accompagnaient dans la tombe la momie du jeune roi recouverte de son masque mortuaire en or massif. Nous quittons le musée, fatigués mais éblouis. En espérant qu’un jour prochain toutes ces richesses  soient mieux mises en valeur dans un nouveau musée.

Le samedi, après la pensée du jour choisie par notre guide et la lecture  de l’hymne d’Akhénaton au dieu soleil, nous arrivons  à Saqqarah, la plus vaste nécropole d’Egypte. Nous commençons par le  nouveau musée qui abrite principalement les trouvailles faites  par Jean-Philippe Lauer (1902-2001), architecte et archéologue français, qui explora le site pendant près de 75 ans.  La visite du mastaba de Mere-Ruka ( c.2340 ACN), prêtre et gendre du roi Téti, nous permet d’apprécier le style si particulier des dessinateurs de l’ancien empire. Des scènes de la vie quotidienne, chasse, pèche, transport de la récolte, danses, etc couvrent les murs.  L’ensemble funéraire du roi Djéser est le premier exemple d’architecture en pierre de taille. Il fut mis en œuvre par Imhotep, vers 2650 ACN. La pyramide à degré est la transformation du simple mastaba en moyen d’ascension vers l’au-delà. Il s’agit d’une conception révolutionnaire qui marquera toute l’histoire de l’Egypte.

 Après le déjeuner sur un bateau amarré au bord du Nil, nous nous rendons chez les pères dominicains où nous sommes très bien accueillis. L’équipe actuelle, ils sont huit, est installée au Caire depuis 1945. Leur but n’est pas de faire du prosélytisme mais d’approfondir la connaissance de la religion islamique et d’établir un contact en offrant un espace de liberté et de discussion entre chrétiens et musulmans en recherche de Dieu. Une importante bibliothèque est mise à la disposition des chercheurs. Le père Emilio Platti, belge d’origine italienne, nous fait prendre conscience de l’évolution du monde musulman et du dynamisme de l’islam politique. Il répond très aimablement à toutes nos questions. L’abbé Haquin célèbre la messe dans la chapelle du couvent en union avec tous les chrétiens d’Egypte.

Alexandrie

Dimanche matin nous quittons le Caire pour Alexandrie, cette ville portuaire créée par Alexandre le Grand pour favoriser les échanges entre deux mondes. Notre première visite sera pour le Fort du Sultan Qaytbay, implanté à l’endroit où se trouvait le célèbre phare de l’Antiquité. C’est un exemple en parfait état du système défensif arabe (fin du XVème siècle).

Le point fort de la journée sera la visite de la bibliothèque Alexandrine. L’ancienne bibliothèque fut fondée par Ptolémée Ier en 288 ACN. Conçue pour être  un foyer de rayonnement culturel pour le monde hellénistique et le lieu de rencontre  des savants et des penseurs tels que le médecin Hérophile, l’astronome Hipparque et le mathématicien Archimède, elle contenait  plus de

700000 rouleaux de papyrus. Elle fut incendiée une première fois en 48 ACN parJules César puis en 391 de notre ère. Les travaux de construction de la nouvelle bibliothèque ont commencé en 1995, elle sera inaugurée officiellement en octobre 2002 par le président Moubarak. Son concepteur est l’architecte norvégien Snohetta. Le splendide mur circulaire de granit qui l’entoure est recouvert de signes appartenant à tous les alphabets du monde. Les colonnes sont inspirées de l’art traditionnel égyptien.

Une guide nous fait découvrir les salles de lectures, très lumineuses, pourvues de toutes les technologies de pointe et complètement insonorisées. Lors d’une visite rapide des expositions temporaires, nous  admirons de très anciens manuscrits du Coran et un fac-similé du seul manuscrit  conservé de l’ancienne bibliothèque. Parmi les orientations prioritaires prisent par la direction de la nouvelle bibliothèque retenons «  le dialogue interculturel au moyen des arts et de la culture ». Belle ouverture sur le monde en lien avec le passé.

Après un excellent déjeuner au bord de la mer, dans un somptueux hôtel, témoin de la vocation touristique internationale d’Alexandrie au début du XXè  siècle, nous nous dirigeons vers les catacombes de Kaum esh-Shuqata, vaste construction souterraine à trois étages datant des Ier et IIe siècles de notre ère ; la décoration est un   exemple unique de la fusion de deux arts, l’égyptien et le gréco-romain. La plupart des divinités appartiennent encore au panthéon égyptien mais le style s’est transformé et alourdi. En suite, arrêt devant la colonne dite de Pompée, située sur un monticule au centre d’un site archéologique. Elle appartenait au serapeum, temple consacré à Sérapis

. La journée se termine par une promenade en car le long de l’immense corniche de cette ville méditerranéenne et cosmopolite dont les somptueux édifices, ruinés par la révolution de 1952 auraient besoin d’une sérieuse restauration.

 Les Coptes d’Egypte

Le lendemain  en route vers le Wadi Natroum, l’abbé, comme chaque matin, résume les visites de la veille et les resituent dans l’esprit du voyage. Aujourd’hui, il nous présente   Alexandrie comme centre religieux  important au IIè siècle (Clément d’Alexandrie) mais également propice  à l’apparition de controverses théologiques. C’est là que sont nées, au début du IIIè  siècle les théories d’Origène et un siècle plus tard, l’hérésie arianiste.

Les couvents coptes du Wadi Natrum ont la même origine que tous les couvents du désert. Ils furent fondés au IV siècle dans l’élan qui porta tant de chrétiens à la vie érémitique d’ abord et qui aboutit au monachisme. Au deir Amba  Bishoi, nous sommes accueillis très aimablement par le père Nicodème, qui dans un français impeccable répond à toutes nos questions et nous fait visiter l’immense domaine. Au centre la forteresse du Vè siècle entourée de bâtiments plus récents. Il y a 160 moines, tous diplômés de l’enseignement supérieur. Après trois ans de noviciat, ils font voeux de chasteté, pauvreté et obéissance et sont ordonnés prêtres Ils restent toujours attachés au même monastère et logent dans des cellules individuelles. Chaque monastère a un évêque. Deux cents ouvriers coptes travaillent dans la propriété.  Les moines accueillent aussi des prêtres mariés qui restent 40 jours dans le monastère pour un temps de réflexion.

Nous prions quelques instants dans la nouvelle et grande église capable d’accueillir un bien grand nombre de pèlerins.

Le deir Abu Makar (couvent de Saint- Macaire, disciple de saint Antoine) est encore plus important. Entouré d’énormes murs, on y pénètre par une petite porte de fer. Ici 130 moines coptes orthodoxes fournissent du travail à 700 ouvriers  agricoles occupés sur 500 Ha. Nous visitons les trois églises très anciennes, couvertes de coupoles, le tombeau de saint Macaire, (surmonté   d’une copie d’une Descente de Croix de Rubens !). La troisième église est consacrée aux Quarante-neuf moines massacrés par les Berbères au Vè siècle.

Cette journée particulièrement intéressante se termine par la visite du centre de rencontre Anafora situé dans la campagne à une centaine de kilomètres du Caire. Le guide nous a annoncé et nous sommes reçus très chaleureusement par le directeur, l’évêque Thomas et les jeunes permanents qui animent le centre. Il s’agit d’un lieu de prière, de réflexion et de méditation où se tiennent des retraites, des séminaires et des conférences (sur le monachisme). L’endroit est calme, accueillant, ouvert à tous. Dans la pénombre du soir, nous visitons l’église et les petites chambres dispersées dans ce grand enclos. 

Nous rentrons au Caire, fatigués mais émus par la découverte de cette Foi profonde, de toutes ces bonnes volontés et l’esprit d’ouverture de ces communautés. 

 La matinée du mardi est consacrée à la visite du quartier copte. L’église Saint-Serge, fondée au IVè siècle et dédiée aux soldats martyrs Sergius et Dacus fut reconstruite au XIè siècle,en style roman sur plan basilical. La cloison est ornée d’un beau travail de  menuiserie incrustée de motifs polygonaux. La crypte où selon la tradition, la Sainte famille aurait trouvé refuge lors de la fuite en Egypte n’est pas accessible car souvent inondée. L’église Sainte-Barbara présente les mêmes caractères. La Synagogue Ben Ezra est un bâtiment récent transformé en musée. Le guide nous apprend que les Juifs sont très peu nombreux au Caire depuis 1976.

La visite du musée Copte récemment rénové complète la visite du Vieux-Caire. L’art copte apparaît en Egypte vers 300 PCN. Il diffère totalement de l’art de l’Egypte pharaonique par la forme, le style et le contenu. Les artistes chrétiens mirent quelques temps avant de développer un langage artistique approprié pour  expliquer les points essentiels de la Foi chrétienne. Ce qui explique la christianisation de quelques thèmes païens. Les peintures murales, les icônes, les ivoires sculptés, les verres et les boiseries témoignent d’un  savoir- faire déjà très abouti et parfois émouvant.

Pour compléter notre  approche des Coptes d’Egypte nous découvrons l’immense  cathédrale copte Saint-Marc,  inaugurée en 1968 du temps de Nasser  pour accueillir les reliques du saint évangéliste, prises en 828 à Alexandrie et partiellement restituées  à l’Egypte par Venise en 1969. Dans une petite chapelle, nous nous inclinons devant ces vénérables reliques. Non loin, on remarque la résidence du pape des Coptes orthodoxes, Cheruda III.

Le lendemain matin, le guide nous conduit dans les faubourgs du Caire pour voir dans un enclos un vieux sycomore connu sous le nom d’arbre de la Vierge car ce serait à cet endroit que la Sainte Famille se serait arrêtée lors de la fuite en Egypte.

Nous retraversons la  ville  où  la circulation est intense et anarchique, les déplacements  lents et longs  malgré un chauffeur particulièrement adroit. Les quartiers riches, les quais bordés d’arbres le long du fleuve et de ses multiples bras alternent avec des blocs d’immeubles.complètement délabrés. Partout la foule, des femmes voilées et des hommes qui semblent désoeuvrés.

Le Caire islamique

Durant toute la journée, nous visiterons des mosquées ;

Tout d’abord la plus ancienne, la Mosquée d’Ibn Tulun, du IXè siècle. C’est une mosquée à portiques. Ses arcades en ogives faiblement outrepassées reposent sur des piliers avec colonnes engagées. Le mihrab est revêtu de marbre et orné de mosaïques de verre. Au centre de la cour une fontaine. Le minaret présente une forme particulière, un escalier en colimaçon se déroule à l’extérieur de la tour. Durant toutes ces visites, le guide nous initie à la religion musulmane et souligne l’importance de la lecture du Coran et de la prière collective.

La madrasa du Sultan Hasan est l’un des grands chefs d’œuvre de l’architecture arabe. Sorte de forteresse dressée en face de la citadelle, construite de 1356 à  1362 sous le règne du sultan  mamelouk Hasan. L’iwan principal est revêtu de marbre et couronné d’une frise coranique en caractères kufiques. Des écoles sont annexées à la mosquée, dans l’une d’elle nous écoutons  la merveilleuse résonance de la voix d’un Iman.

Nous pénétrons maintenant dans la citadelle,  construite par Saladin au XIIè siècle mais qui devint ensuite la résidence des sultans mamelouks et des pashas ottomans. Elle est inspirée de l’architecture des croisés en Syrie. Au centre la mosquée de Muhammad Ali construite de 1824 à 1848 dans le style turc des mosquées d’Istanbul. Elle est surmontée d’une grande coupole à pendentifs flanquée de quatre demi-coupoles. L’intérieur est somptueux. Il abrite le tombeau de celui qui gouverna l’Egypte de 1811 à 1849 et éveilla la conscience nationale des Egyptiens. Dans la dernière mosquée visitée l’après-midi, la mosquée el-Azhar, nous nous intéressons surtout à la bibliothèque où travaillent quelques étudiants et étudiantes.

Après avoir entendu toutes les recommandations du guide, nous nous aventurons dans les souks pour quelques achats. Savoir marchander, discuter d’un prix, c’est un art qui s’apprend très vite !

Les chiffonniers du Caire

Notre dernière journée est consacrée à la visite du quartier de Moqattam

où durant de nombreuses années  sœur Emmanuelle travailla à améliorer les conditions de vie de toute une population.  Moqattam est un des trois quartiers de la cité de bidonvilles où vivent 33000 personnes. Nous sommes accueillis par un médecin copte orthodoxe, le docteur Adel Abd El Malek Ghali, qui travailla avec Sœur Emmanuelle depuis 1977. Nous traversons des quartiers de taudis où s’accumulent les ordures. Le car ne s’arrête pas, il nous conduit directement dans une ancienne carrière. Construite comme un abri sous roche, une énorme église mais aussi un cinéma et un théâtre pour les habitants du quartier. L’espace est décoré de sculptures religieuses taillées dans la montagne par un jeune polonais. L’église accueille chaque jeudi 22000 personnes. Nous participons à la messe célébrée par l’abbé Haquin assisté du médecin diacre. L’abbé souligne ce miracle de la charité que représente Moquattam. C’est aussi un bel exemple d’oecuménisme car sœur Emmanuelle a travaillé ici avec des orthodoxes et principalement avec sœur Sara religieuse  copte orthodoxe de la congrégation des Filles de Marie  qui a repris sa succession   Le travail accompli est considérable, jardins d’enfants, ateliers de couture et d’alphabétisation, des dispensaires, un internat pour accueillir les personnes handicapées et les vieillards. Mais il reste encore tant de choses à faire !

 Notre voyage se termine en douceur, promenade en felouque sur le Nil et un son et lumière devant les pyramides. Au retour, enrichis de toutes ces rencontres, nous garderons en mémoire une des pensées du jour  de notre guide «  Fais toi un monument durable par l’amour que tu laisses ».

Maïté PACCO PICARD

 

Point de vue spirituel

Notre périple au pays des Pharaons nous a permis de découvrir les diverses religions pratiquées par les Egyptiens au cours des siècles. Tout d’abord la religion pharaonique, avec sa passion pour la relation entre les dieux et les hommes et pour la vie dans l’au-delà. Un certain « monothéisme » ou «énothéisme » s’y manifeste, le Soleil étant considéré comme la divinité la plus essentielle. La révolution religieuse entreprise par Akhenaton, même si elle fut éphémère (vers 1348-1331 avant J.-C.), a laissé quelques hymnes d’une grande richesse poétique à la gloire d’Aton ; la création toute entière y chante les louanges de l’astre du jour sans lequel toute vie serait compromise.

Nous avons découvert la ville d’Alexandrie, témoin de la riche culture juive de langue grecque ; c’est là que la traduction de la Bible hébraïque en grec a été réalisée (2e s. avant J.-C.). C’est là aussi que s’est développée la célèbre école théologique d’Alexandrie. L’ancienne bibliothèque, malheureusement disparue, est aujourd’hui relayée par la nouvelle dont l’architecture est un bel exemple d’art contemporain. Des maîtres renommés comme Origène, Athanase, Cyrille d’Alexandrie et bien d’autres ont laissé leur nom dans la théologie des premiers siècles ; la foi ardente et les recherches érudites de ces chrétiens ont contribué aux formulations de foi.

Le christianisme s’était implanté au nord de l’Egypte au 2e siècle ; il va progressivement y revêtir ses habits propres à travers la liturgie, la littérature théologique et spirituelle copte, etc. On se rappellera aussi que l’Egypte est le pays où naquit le monachisme érémitique, imité ensuite dans les autres parties de l’Eglise. Nous admirons aujourd’hui encore les monastères du 4e siècle, installés dans le désert de Scété entre Le Caire et Alexandrie. Notre visite aux monastères de S. Bishoi et de S. Macaire nous met en contact avec de nombreux moines « chercheurs de Dieu » (dont beaucoup d’universitaires) qui participent au développement du pays, par la culture de vaste terres à laquelle des centaines d’ouvriers agricoles sont associés. Le centre spirituel Anafora est une sorte de petit Taizé, lieu de rencontre et de partage, créé par les monastères pour permettre aux jeunes de passage de « poser leurs valises », les uns pour une halte de prière, les autres pour un temps de réflexion. Cette vitalité religieuse et ce renouveau monastique ne sont pas sans rapport avec l’activité débordante du pape copte Chenouda III (87 ans) qui a su redonner dynamisme et espérance à l’Eglise égyptienne, vivant au sein d’une société à 85 % musulmane.

L’arrivée précoce de l’Islam vers le milieu du 7e s. et son implantation durable ont modifié profondément la carte religieuse du pays. Les magnifiques mosquées du Moyen Âge en sont le signe. Nous découvrons quelques points forts de la religion de Mahomet et des rapports intimes entre l’Islam et la vie socio-politique, ainsi que la difficulté pour la minorité copte de vivre une foi différente dans un pays de plus de 78 millions d’habitants. La visite chez les pères dominicains, responsables de l’Institut arabe d’études orientales, a été pleine d’intérêt : elle montre qu’une présence chrétienne vécue dans le service est possible ; les érudits de ce centre éditent des textes arabes anciens et se mettent au service des étudiants de l’université islamique proche, accueillis à la toute nouvelle bibliothèque pour y préparer leurs travaux de thèses. La célébration eucharistique « pour la multitude », a eu une densité particulière dans ce lieu de dialogue et de rencontre entre chrétiens et musulmans.

Enfin, nous avons été sur les lieux où, depuis trente années, le bidonville Moqattam a été transformé en un espace authentiquement humain, grâce notamment à Sœur Emmanuelle, aujourd’hui presque centenaire. Celle-ci a déployé une énergie exceptionnelle avec et au service des chiffonniers ; elle  a manifesté un amour universel pour tout être humain. Le résultat tient du miracle : l’ancien bidonville dispose aujourd’hui d’une école pour deux mille enfants, d’un hôpital où tous et toutes, sans distinction de religion, peuvent être soignés gratuitement, de centres culturel et sportif, etc. Le Monastère  S. Siméon tout proche est un centre spirituel animé par quatre prêtres orthodoxes coptes qui y accueillent chaque semaine des milliers de personnes pour des formations à la foi, des célébrations, des moments culturels et des rencontres. Ici aussi, l’eucharistie célébrée avec le docteur Adel Ghali, diacre copte, a été riche de signification en ce lieu où le pain eucharistique et le pain quotidien sont partagés 

d’une manière effective. Un autre bidonville, proche du premier, cherche à suivre le même. Souhaitons-lui le même avenir !

Nous repartons de cette terre d’Egypte avec la conviction que le dialogue interreligieux est nécessaire, même s’il est difficile. Nous avons été témoins du courage et de la joie des chrétiens d’Egypte dont l’exemple peut stimuler les Eglises d’Occident. Avec les trente personnes participant à notre voyage, nous avons vécu une semaine d’amitié et de convivialité qui réchauffe le cœur et peut aider chacun à poursuivre son chemin, là où il vit.

 

Abbé André HAQUIN

Terre de Sens
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Dernière mise à jour du site : 29/12/2011